Conférencière professionnelle,
ancienne pilote de chasse de l'Armée de l'air,
leader de la Patrouille de France 2010,
colonel de réserve

Nom : JEAN
Prénom : ROBIN
Email : robin.jean34@gmail.com
Message : Bonjour Mme Guyot, Je suis employé chez RTE et également citoyen engagé sur la lutte contre le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité au sein des associations Les Shifters et La Fresque du Climat. J’ai lu avec attention votre interview chez le magasine de RTE ‘Transitions’ et j’y ai appris beaucoup de choses, merci 🙂 Cependant, plusieurs affirmations me paraissent trompeuses et voici pourquoi : Sur le fait que l’aviation ne représente ‘que’ 3,5% des émissions de GES : – Cette affirmation est vraie mais il faut ajouter que l’effet de l’aviation sur le forçage radiatif est plus important en raison des traînées de condensation (6 à 8%) du forçage radiatif anthropique, il aurait été bon de le rappeler. – Ces 3,5% des émissions de GES profitent essentiellement aux gens riches des pays riches. Environ 80% de la population mondiale n’a jamais pris l’avion, et de nombreuses personnes l’ont pris que 1 fois ou deux dans une vie. – Vous mentionnez le chiffre de 3L/100 pour la consommation, la planète n’en a rien à faire de la consommation par kilomètre. Ce qui compte c’est la consommation multiplié par le nombre de km. Pour un vol long courrier, allé retour de 10 000km par exemple, nous sommes donc à environ 300L de kérosène par passager… L’avion permet justement d’effectuer d’immenses distances et c’est bien là le problème. – Vous mentionnez l’avion électrique, pensez vous vraiment que cette solution puisse permettre une réduction immédiate des émissions de GES de 5% par an chaque année pour respecter les deux degrés de réchauffement max d’ici 2100 ? Nous ne pouvons pas compter sur des technologies dont le déploiement est hypothétique dans 20 ou 30 ans. – Et même si c’était vrai, l’électricité mondiale est produite à 40% par du charbon et 25% par du gaz fossile. – Et même si la production d’électricité mondiale était decarbonée, faut-il vraiment utiliser cette électricité en priorité pour permettre aux plus riches de passer des vacances à l’autre bout du monde ? Ne devrions pas plutôt l’utiliser pour des biens et des services vitaux et utiles à tous ? J’espère vous avoir apporté réflexion et je suis ouvert à discuter plus librement avec vous pour mieux comprendre nos positions respectives. Cependant, je ne pense pas que vous allez venir vers moi car votre légitimité sociale et professionnelle dépend de l’aviation. Reconnaître que votre secteur doit décroître auprès de votre cercle professionnel est très difficile. C’est un biais cognitif qui freine hélas au changement. Salutations, Robin Jean robin.jean34@gmail.com 0652903678